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L’image du samouraï inébranlable, qui préfère mourir plutôt que reculer, est un mythe forgé durant l’époque d’Edo, puis figé sous la Restauration Meiji et renforcé pendant l’ère impérialiste japonaise.
Mais les véritables samouraïs du Japon féodal, notamment à l’époque Sengoku, savaient se replier, fuir ou négocier lorsque cela était nécessaire.
L’épisode de Hori Hidemasa en est une brillante illustration : en utilisant une stratégie psychologique fine, il réussit à prendre un château sans livrer bataille.
Un exemple d’intelligence tactique bien éloigné de la brutalité aveugle.
Le stratège chinois Sun Tzu affirmait : « Le plus grand général est celui qui gagne sans combattre, et non celui qui remporte cent batailles ».
L’un des commandants japonais ayant mis ce principe en pratique fut Hori Hidemasa, un samouraï au service du gouvernement de Toyotomi Hideyoshi, dont on rapporte l’épisode suivant.
En 1587 (15e année de l’ère Tenshō), Hidemasa fut nommé commandant de l’avant-garde lors de la campagne de conquête de Kyūshū.
Après avoir conquis plusieurs châteaux lors des premières batailles, il rassembla les soldats ennemis qu’il avait capturés et leur déclara :
« Nous sommes venus de très loin jusqu’à Kyūshū, mais vos compagnons fuient si rapidement que nous passons tout notre temps à les poursuivre, sans aucun moment de repos.
Lorsque vous retournerez dans vos châteaux, défendez-les pendant au moins trois jours. Ainsi, pendant que nous les assiégeons, nos hommes et nos chevaux pourront aussi se reposer pendant trois jours. D’accord ? Je compte sur vous. »
Les prisonniers, une fois revenus dans leur château, répétèrent les paroles de Hidemasa exactement telles qu’ils les avaient entendues.
Alors, les défenseurs pensèrent :
« Quel calme affichent ces ennemis ! »
« Nous ne pouvons pas vaincre des gens aussi sereins ! »
Et, pris de panique, abandonnèrent le château.
C’est ainsi que Hori Hidemasa prit la forteresse sans avoir à livrer bataille.
Cette histoire de Hidemasa met en lumière une vérité souvent oubliée : l’efficacité d’un chef militaire ne se mesure pas uniquement à ses victoires sur le champ de bataille, mais aussi à sa capacité à éviter le conflit lorsqu’il n’est pas nécessaire.
Elle déconstruit l’image figée du samouraï fanatique, valorisant à la place un pragmatisme typique de l’époque Sengoku.
Parfois, la plus grande victoire est celle remportée par l’esprit, non par l’épée.